Marketing digital

Déclarer et détecter un contenu IA avec des outils gratuits

Depuis le 2 août 2026, l’AI Act impose de signaler certains contenus artificiels. Panorama des outils gratuits pour déclarer ses créations ou examiner un fichier suspect.

Grégoire Humbert Par Grégoire Humbert
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Déclarer et détecter un contenu IA avec des outils gratuits
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Depuis le 2 août 2026, l’Union européenne applique de nouvelles obligations de transparence sur les contenus générés par l’IA, dans le cadre de l’AI Act. Selon le Blog du Modérateur, les deepfakes, les textes d’information publiés sans contrôle éditorial humain, ainsi que les chatbots et agents conversationnels doivent désormais être présentés comme tels. La sanction peut aller jusqu’à 15 millions d’euros, ou jusqu’à 3 % du chiffre d’affaires mondial annuel de l’entreprise. Pour les community managers et les équipes éditoriales, deux questions se posent : comment déclarer ses propres contenus, et comment vérifier l’origine de ceux qui ne le sont pas ?

En bref

  • Selon le Blog du Modérateur , les deepfakes, les textes d’information publiés sans contrôle éditorial humain, ainsi que les chatbots et agents conversationnels doivent désormais être présentés comme tels.
  • Les signalements nourrissent les modèles de détection du réseau.
  • Le plus prudent consiste à croiser plusieurs sources : une déclaration de l’auteur, des métadonnées comme les Content Credentials, un détecteur, puis un examen humain.

Déclarer ses propres contenus

Instagram, WhatsApp et Adobe proposent des fonctions qui reposent sur la déclaration de l’auteur. Ce ne sont pas des détecteurs : elles servent à indiquer soi-même qu’un contenu a été conçu avec une IA.

Sur Instagram, le label facultatif « Créateur IA », lancé en mai, a été rebaptisé « Profil généré par l’IA » le 31 août. On l’active depuis l’édition du profil. Il concerne uniquement les comptes dont le personnage principal est généré par IA, pas les créateurs qui se servent de ces outils dans leur production. Un compte qui n’active pas le label risque de voir sa portée limitée et de sortir des recommandations. Il peut alors apposer le label ou contester la décision. Instagram affirme que ceux qui l’ajoutent d’eux-mêmes ne perdent pas de visibilité.

WhatsApp permet aux administrateurs de chaînes d’étiqueter les images, les vidéos et tous les médias créés ou modifiés avec un outil d’IA. La mention s’affiche en bas à gauche de la publication, à côté du nombre de vues, et reste définitivement une fois confirmée. La fonction n’est pour l’instant ouverte qu’à une partie des bêta-testeurs sur Android et iOS, avec un déploiement progressif dont la date n’est pas précisée.

Adobe Content Authenticity, une application web gratuite encore en bêta, ajoute des Content Credentials à une image, un son ou une vidéo, même si le travail a été fait hors des logiciels Adobe. Ces métadonnées, conformes au standard ouvert C2PA, mentionnent le nom du créateur, ses comptes sociaux, les outils utilisés et l’éventuel recours à l’IA générative. La fonction Inspect lit ces informations dans un fichier reçu, et une extension gratuite pour Chrome repère les images qui en portent.

Signaler un contenu suspect

LinkedIn et YouTube offrent un recours aux utilisateurs. Depuis la fin de juillet, LinkedIn propose le bouton « Seems like AI slop », accessible par les trois points d’une publication ou d’un commentaire. Les signalements nourrissent les modèles de détection du réseau. Hari Srinivasan, responsable produit de LinkedIn Ecosystem, justifie ce choix par la préférence de la plateforme pour l’avis de personnes réelles plutôt que pour « un détecteur IA qui risque de se tromper ». L’auteur d’une publication signalée reçoit une alerte dans le tableau de bord de son compte.

YouTube, de son côté, a ouvert depuis le 18 mai 2026 sa détection de visage à tout utilisateur de plus de 18 ans qui possède ou administre une chaîne, sans condition de monétisation. La fonction reste présentée comme expérimentale et n’existe que dans certains pays. On l’active dans YouTube Studio, section Détection de contenus, en fournissant une pièce d’identité et un selfie vidéo. Si une vidéo mise en ligne correspond à la signature du visage, une alerte est envoyée et l’on peut demander le retrait. Le balayage ne porte que sur les nouvelles publications et s’arrête au visage ; une extension à l’audio est prévue en 2026.

Analyser un texte ou un fichier

Le Blog du Modérateur retient cinq détecteurs gratuits : GPTZero, Copyleaks, Pangram, Hive et AI or Not. Deux d’entre eux méritent un détail pratique.

  • GPTZero est en ligne depuis le 2 janvier 2023, créé par Edward Tian. Il appartient depuis juin 2026 à Superhuman, l’éditeur de Grammarly. Son plan gratuit permet 10 000 mots par mois, avec au plus 10 000 caractères par analyse, et inclut une extension Chrome. Le résultat est donné phrase par phrase.
  • Copyleaks traite l’IA et le plagiat dans un même rapport, ce qui aide les équipes qui reçoivent des textes de prestataires. Plus de 30 langues sont prises en charge pour repérer l’IA, et plus de 100 pour le plagiat. À l’inscription, 5 crédits d’essai équivalent à 1 250 mots ou 5 images.

SynthID Detector, un outil limité à un filigrane

D’après Notebookcheck, Google ouvre à tous, à partir du 7 octobre, le SynthID Detector, qui n’était qu’une version destinée aux professionnels des médias l’année précédente. On y téléverse des images, des vidéos ou des fichiers audio. Google prévoit de l’intégrer à Search, à l’application Gemini et à Chrome.

L’outil ne cherche qu’une chose : la présence d’un marquage SynthID. Ce filigrane numérique, lancé en 2023 par Google, est inséré dans les contenus créés avec les produits de ses partenaires, parmi lesquels Nvidia, OpenAI et kakao, et apparemment Apple à l’avenir. Un contenu produit par un fournisseur qui n’intègre pas ce filigrane n’est donc pas reconnu. Lors de son essai, Notebookcheck a téléversé une image générée par Claude : aucun marquage n’a été détecté. Une image créée avec ChatGPT en avril 2026 n’a pas été reconnue non plus, et ChatGPT a expliqué que l’intégration de SynthID chez OpenAI n’avait commencé que le 19 mai 2026. Il faut se connecter avec un compte Google, OpenAI ou Apple avant d’utiliser l’outil.

Ce que ces outils ne prouvent pas

Le Blog du Modérateur le rappelle : aucun de ces outils ne garantit une certitude. Les détecteurs donnent un indicateur, pas une preuve, et un résultat négatif ne dit rien d’un contenu issu d’un fournisseur qui ne marque pas ses créations. Le plus prudent consiste à croiser plusieurs sources : une déclaration de l’auteur, des métadonnées comme les Content Credentials, un détecteur, puis un examen humain.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Simon Hattinga Verschure. Licence : CC0.

Grégoire Humbert

Marketing digital, création de site et gestion

Grégoire Humbert

Grégoire Humbert a géré pendant huit ans les campagnes payantes d'une agence web de Rennes, pour des artisans comme pour des enseignes régionales. Il écrit sur le marketing digital, du référencement à l'e-mailing, et publie systématiquement les chiffres des tests qu'il mène. Il joue de la basse dans un groupe de reprises qui répète le jeudi.